Historique. Jacques Azoulay. Extrait
La notion de psychothérapie institutionnelle est apparue en France dans
l'immédiat après-guerre, à travers la nécessité
de transformer les anciens Asiles d'aliénés, dénommés
Hôpitaux Psychiatriques en 1938, en instruments de soins authentiques.
La démarche est inaugurée par Tosquelles, Balvet, Bonnafé
pendant la guerre. Daumezon et Koeklin officialisent le terme en 1952, désignant
des expériences de plus en plus variées, voire divergentes. Un
dénominateur commun subsiste : la référence à la
psychanalyse et aux thérapies de groupe, et pour certains, l'importance
donnée aux aspects sociologiques, voire politiques.
Le mouvement se poursuit pour répondre aux nécessités du traitement des psychoses graves, et en particulier des états schizophréniques. Mais il s'adresse aussi à un certain nombre d'états limites dans des moments critiques de leur parcours.
Dans les années 1960-1970, on peut opposer les travaux du groupe de la " Psychothérapie Institutionnelle " (Tosquelles, Oury, etc), d'inspiration surtout lacanienne, et la notion de " Soins Institutionnels " (Racamier), complémentaires du traitement psychanalytique individuel.
Les expériences de psychothérapie institutionnelle se veulent aujourd'hui plus modestes ou plus réfléchies. Mais l'importance de l'aspect institutionnel du traitement global des psychoses s'affirme, compte tenu des déceptions que les psychothérapies individuelles des états psychotiques graves ont provoquées.
Ainsi s'élabore peu à peu, dans chaque institution particulière, en s'appuyant sur des données largement convergentes, une possibilité de tirer partie, dans un sens dynamique, des échanges de la vie quotidienne, dans tous les lieux où des soignants psychiatriques et des thérapeutes accueillent des malades mentaux.