Le nom la Traversière

– bateau qui fait le va-et-vient entre deux points
– fort cordage dont l’un des bouts se fixe autour du collet d’une ancre de bossoir.

Point de solide arrimage et véhicule de passage d’une rive à l’autre, vouée aux aventureuses traversées, que peut-on lui souhaiter à cette coque « Traversière », si ce n’est bon vent !!!

A son bord, les marins qui n’en sont pas à leur premier voyage, ont le cœur à l’ouvrage et la passion de la mer.
De petit tonnage, le navire qui remonte lentement le courant, essaie de mener ses passagers à bon port (même s’il faut parfois changer le cap) et, sans cou/férir, les transborde avant les rembarquements déjà proches.
Il ne craint guère les longs périples avec théories de tempêtes, privations, incertitudes.

Toujours en mouvement, « La Traversière » rencontre sur sa route nombre de naufragés, de provenances diverses (navires échoués, abordés ou sabordées), parfois d’origines incertaines. Sagement alors, elle jette l’ancre et se met en rade le temps qu’il faut pour remonter à bord (le cas échéant, on met la chaloupe à la mer), prendre pied avec lui et langue avec l’équipage. Les rescapés, une fois restaurées et rassénérés, participant à nouveau de l’esprit du voyage, disent eux-mêmes leurs lointaines destinations.

Jean-Marc Poellaer

Texte venant du livre d’or, écrit en septembre 1990

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